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Guerre en Iran : quelles conséquences sur les prix de l’énergie en France ?

Guillaume Bauza
Guillaume Bauza
Drapeau Iran
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L’offensive militaire baptisée « Epic Fury », lancée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran, a immédiatement mis les marchés de l’énergie sous pression. 

Les perturbations constatées dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures, ont provoqué une forte hausse des prix du pétrole et du gaz naturel.

Dans ce contexte de tensions géopolitiques majeures, quelles sont les conséquences sur les prix de l’énergie en France ?

🗞 L’essentiel en chiffres : 

- L’indice gazier TTF a bondi de plus 60% en 48 heures

- Le PEG pour livraison en 2027 a augmenté de 12% en 5 jours

- Le CAL27 électricité a pris plus de 11% depuis le début du conflit

- Le Baril de Brent navigue au-dessus du seuil des 80$

Vers une hausse des tarifs des énergies fossiles ?

En France, les prix du pétrole et de l’essence devraient logiquement grimper de quelques centimes à la pompe pour plusieurs raisons : des coûts plus élevés du transport et une prime de risque plus importante qui sera répercutée par les importateurs et les fournisseurs.

Cependant, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est montré rassurant en déclarant à Franceinfo, qu’il n’existe « aucun risque d’approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l’essence ».

Le gaz naturel plus touché que l’électricité

Les prix du gaz naturel ont été fortement impactés à l’approche de la saison de remplissage des stocks. 

En effet, l’indice Spot PEG, référence du marché du gaz en France, a enregistré une hausse de 41% en trois jours. Passant de 30,32 €/MWh à 42,64 €/MWh le 2 mars et à 53,15 €/MWh le 3 mars, soit une hausse de 75% en 4 jours.

Les contrats à long terme n’ont pas été épargnés. Le PEG CAL27 est passé de 26,26 €/MWh le 27 février à 30,96 €/MWh le 3 mars, soit une augmentation de près de 18%.

Les prix de l'électricité modérément impactés

Le marché de l’électricité français est également affecté par le conflit en Iran. Les prix de l’électricité sont toujours étroitement liés à ceux du gaz, et ce, malgré un mix énergétique décarboné quasiment exempt d’énergies fossiles… 

Évolution des prix spot en France depuis le début de la guerre



Les prix des contrats Forwards de l’électricité ont aussi réagi après la hausse des hydrocarbures. Le contrat à terme pour l’année 2027 (CAL27), a progressé de deux euros durant le week-end pour atteindre 52,14 €/MWh le 2 mars 2026. Il a ensuite grimpé à 57,61 €/MWh le 3 mars, soit une hausse de 5 € en 24 heures.

Une hausse contenue grâce au mix énergétique français ?

Malgré ces tensions, la France devrait rester relativement protégée par son mix énergétique, largement fondé sur le nucléaire et complété par les énergies renouvelables (éolien, solaire et hydraulique).

Le gaz naturel ne représente qu’une part limitée de la production électrique nationale. C’est seulement lorsque la production d’énergies renouvelables est insuffisante que les centrales à gaz jouent leur rôle d’équilibrage électrique.

De plus, dans un contexte de baisse de la consommation totale de gaz dans l’hexagone, la demande devrait diminuer avec l’arrivée du printemps. Les températures plus douces vont réduire progressivement le recours aux centrales à gaz. 

La paralysie du détroit d’Ormuz : un choc pour le commerce énergétique mondial

À la suite de l’offensive sur l’Iran, les marchés ont immédiatement réagi à la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le golfe Persique à l’océan Indien.

Près de 20% de la consommation mondiale de pétrole et de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) transite par ce corridor étroit, utilisé pour l’exportation d’hydrocarbures issus des nombreux pays producteurs de la région (Iran, Irak, Qatar, Arabie saoudite, etc.).

Officiellement, le détroit n’est pas fermé, mais il serait contrôlé à 100% par les gardiens de la révolution. 

Par conséquent, de nombreux pétroliers et méthaniers sont depuis contraints d’emprunter des itinéraires alternatifs plus longs de plusieurs milliers de kilomètres. Ce détournement entraîne mécaniquement une hausse des coûts de fret et alimente la crainte d’une rupture d’approvisionnement mondiale.

carte détroit d'Ormuz
Situé entre l’Iran et Oman, le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du commerce énergétique mondial.

Le prix du pétrole fortement impacté par la guerre en Iran

Dès l’ouverture des marchés lundi 2 mars, le prix du baril de pétrole s’est rapproché du seuil symbolique des 80 dollars.


La situation s’est ensuite aggravée après une frappe de drone qui a contraint Aramco à interrompre ses activités dans la raffinerie de Ras Tanura, la plus grande d’Arabie saoudite, située sur la côte du golfe Persique. 


Plusieurs navires pétroliers auraient également été visés par des tirs, accentuant l’inquiétude des investisseurs et des acteurs du marché. Le 4 mars, le Brent s’échangeait à plus de 82$ le baril.

Les prix du gaz s’envolent en Europe

Le marché mondial du gaz naturel n’a pas été épargné par cette crise. L’indice gazier européen de référence TTF a bondi de plus de 67% en seulement 48 heures.

Cette flambée s’explique notamment par des frappes iraniennes touchant le Qatar, acteur majeur du gaz naturel liquéfié (GNL). QatarEnergy a même dû suspendre sa production de GNL après une attaque de drones iraniens sur ses installations de Ras Laffan et Mesaieed, qui représentent à elles seules près d’un cinquième de la production mondiale de GNL. 

L’interruption pourrait affecter environ 15% des importations européennes de GNL, accentuant la tension sur un marché déjà fragilisé.

Les inquiétudes sont d’autant plus fortes que les stocks de gaz de l’Union européenne ne sont remplis qu’à 30%, contre 40 % à la même période l’an dernier.

Cette faiblesse des réserves, associée à la perspective d’une concurrence accrue avec l’Asie (dépourvue du GNL qatari) sur le GNL américain destiné à l’Europe, accentuent les tensions.

Pour l’heure, les marchés réagissent principalement à l’incertitude géopolitique et au risque de perturbation des flux énergétiques. Mais l’évolution de la situation dépendra largement de l’avancée des négociations de paix, de la durée du conflit et de l’ampleur des perturbations dans le Golfe. 

Si le détroit d’Ormuz venait à être durablement entravé, les tensions sur les prix du pétrole et du gaz pourraient s’intensifier dans les semaines à venir, avec des répercussions directes sur les marchés de l’énergie européens et français.

Une main en style pointilliste tenant une ampoule allumée devant un cercle bleu avec les mots en français « en éclaireur » et en anglais « news ».

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